10 propositions pour faire face au harcèlement scolaire par les Jeunes Democrates

1 million. 1 million d’élèves, 1 million d’enfants sont victimes, chaque année, en France, de harcèlement scolaire. Cela représente 1 jeune sur 10. Chaque classe, chaque établissement est concerné par un phénomène de société : le harcèlement scolaire.

C’est d’autant plus, pour nous, Jeunes Démocrates, un phénomène pour lequel nous nous sentons concernés. Pour nombre d’entre nous, le lycée, le collège, l’école ne sont qu’à quelques années en arrière. Nous sommes mus par la volonté d’une ambition pour les jeunes et par les jeunes.

Alors que Dinah, 14 ans, a mis fin à ses jours, comme 18 autres enfants depuis le début de l’année 2021, nombreux sont les enfants qui pensent au pire.

Nous, Jeunes Démocrates, avons choisi de travailler pour qu’ensemble, nous puissions imaginer un système scolaire où le harcèlement scolaire ne sera plus la normalité. Où le harcèlement scolaire est un phénomène pris à la hauteur de ce qu’il requiert.

Mais surtout, nous avons choisi d’orienter notre travail sur un pan essentiel de la lutte contre le harcèlement scolaire : l’après, la reconstruction.

Car malgré les efforts massifs déployés par les politiques depuis de nombreuses années pour endiguer le phénomène au plus tôt et massifier la sensibilisation, la réalité des victimes est telle qu’il est nécessaire de mettre davantage de moyens.

Ainsi, nos propositions se sont axées autour de trois grands piliers : FÉDÉRER les acteurs et initiatives ; ACCOMPAGNER les victimes et leurs familles dans la reconstruction ; FACILITER l’accès aux outils et aides.

  1. Sensibiliser le corps enseignant et les élèves aux neuroatypies (TDAH, troubles dys, autisme …) et aux autres troubles psychiatriques

En permettant à des associations de sensibiliser élèves et enseignants sur les fonctionnements neuroatypiques, il s’agit globalement d’aborder plus généralement la différence de l’autre et la tolérance de celle-ci.

Les interventions pourront, au détour d’une discussion en classe sous la forme d’un débat, s’appuyer sur les cas spécifiques de la classe en total respect et toute bienveillance vis-à-vis des élèves concernés afin de dédramatiser les situations et permettre d’aboutir à un meilleur climat de classe.

L’objectif de cette proposition est de viser une meilleure compréhension et une meilleure appréhension des différences par les élèves et par l’ensemble de la communauté éducative.

2. Introduire dans la formation initiale du corps enseignant un module obligatoire dédié à la question du harcèlement scolaire

La réalité du harcèlement scolaire est une réalité à laquelle sera obligatoirement confronté chaque enseignant au cours de sa carrière. Ainsi, il nous semble essentiel d’intégrer dans la formation initiale du corps éducatif la notion de harcèlement scolaire : tant sa détection que sa prise en charge, mais également les ressorts psychologiques qui en découlent.

Le corps enseignant étant l’acteur majeur capable d’agir au sein même de l’établissement, il semble tout à fait pertinent de le former, de le préparer à de telles situations dont il devra obligatoirement faire face. Il s’agira également de sensibiliser les enseignants sur ce qui se déroule en dehors du cadre scolaire, comme les jeux vidéo et les réseaux sociaux.

Par ailleurs, nous proposons qu’un référentiel des principales plateformes de jeux vidéo et réseaux sociaux soit édité par l’éducation nationale en lien avec des experts afin de permettre aux professeurs d’être en permanence à jour avec les nouvelles technologies qui peuvent être le théâtre de cyberharcèlement. Ce référentiel pourra être associé à un module de formation à la demande dans le catalogue de formation continue des enseignants.

Il s’agit finalement de mieux préparer globalement le corps enseignant à une situation de harcèlement scolaire.

3. Faciliter les expérimentations entre Associations, Collectivités Territoriales et Établissements Scolaires

Nous proposons la création d’un fonds de financement public et d’un cadre législatif adapté pour faciliter l’expérimentation de dispositifs de lutte contre le harcèlement scolaire à 360 degrés qui mobilise les Associations, les Collectivités Territoriales, les Établissements Scolaires et plus globalement la communauté éducative à travers les habitants de la collectivité en question.

Cette proposition vise ainsi au déploiement de solutions de prise en charge de l’amont à l’aval du harcèlement scolaire et une mobilisation globale des citoyens.

Son objectif est d’aligner l’ensemble des acteurs, concernés de près ou de loin par la problématique, sur la même ligne d’objectif, sur les mêmes axes prioritaires de travail, facilitant ainsi une meilleure coordination.

4. Fluidifier la communication entre les numéros 30 20 et 30 18 avec les associations d’aide et accompagnement aux victimes

Nous proposons qu’un pont de communication puisse être établi entre les équipes des numéros 30 20 et 30 18 et les associations d’aide et d’accompagnement aux victimes de harcèlement scolaire.

Cette proposition a pour objectif de faciliter la prise en charge des familles de l’« après harcèlement scolaire » en permettant, avec l’accord des primo concernés, qu’une fiche de suivi d’accompagnement soit établie puis transmise à l’association la plus proche du domicile familial afin qu’elle démarre une phase d’accompagnement.

Au-delà de faciliter l’accès à ces accompagnements aux familles, il s’agira d’éviter aux familles et aux victimes de répéter un nombre important de fois leur témoignage, leur vécu de la situation, et ainsi de transmettre les données essentielles, en total respect avec les normes de sécurité de la confidentialité et normes RGPD.

Une charte de déontologie et de bonnes pratiques sera respectée par les associations et celles-ci seront, à l’inverse, chargée de faire remonter au 30 20 et 30 18 tout cas de harcèlement scolaire qui ne leur aurait pas été signalé.

5. Créer le délit spécifique de harcèlement scolaire

Cette proposition vise avant tout à aider tant la victime que le/les auteur(s) des faits de harcèlement scolaire.

Aider la victime à être reconnue dans ce statut de victime. Permettre à la famille de la victime d’accéder à un parcours de soin de la sécurité sociale prenant en charge les frais d’accompagnement thérapeutique (psy, diététicien/nutritionniste, psychomotricien …).

Aider l’enfant auteur des faits de harcèlement à comprendre pourquoi il en est arrivé là. Et l’accompagner sur le droit chemin. Dans 9 cas sur 10, il est une ancienne victime de harcèlement scolaire ou souffre d’un complexe physique ou intellectuel ou autre et souffre donc autant qu’il fait de mal. Nous recommandons ainsi en sanction le suivi d’un stage de sensibilisation et, au besoin, l’obligation de soins thérapeutiques et/ou la réalisation de travaux d’intérêt général, si possible, thématisés sur la question de la lutte contre le harcèlement scolaire.

6. Renforcer les moyens humains et financiers des CMP afin d’assurer une prise en charge effective, pluridisciplinaire et rapide des victimes de harcèlement scolaire

Aujourd’hui, il faut compter environ 18 à 24 mois d’attente pour qu’une famille puisse faire bénéficier à son enfant victime de harcèlement scolaire des soins thérapeutiques délivrés par le Centre Médico-Pscyhologique (CMP) le plus proche du domicile familial.

Il s’agit ainsi, au sein des CMP, de mettre en œuvre les moyens nécessaires afin que puissent être prises en charge plus rapidement les victimes de harcèlement scolaire, sans attendre une situation dramatique concernée par des tentatives suicidaires. Nous proposons également la prise en charge d’aspects connexes au harcèlement scolaire comme le traitement des troubles du comportement alimentaire.

Il ne s’agit pas ici de créer une nouvelle cellule ou un nouveau dispositif supplémentaire, mais bien de flécher des moyens spécifiques à la mise en place d’un parcours de prise en charge spécifique au sein des CMP.

7. Favoriser le développement de points d’informations et de conseils à l’échelle locale

Dans l’ensemble des dispositifs existants, les parents se retrouvent démunis face à une situation de harcèlement scolaire et se retrouvent rarement physiquement face à des aidants pour les conseiller.

Ainsi, nous proposons que soient déployés dans les territoires des Points d’Informations et de Conseils (PIC) constitués de personnes-ressources chargées de donner aux familles les « bons conseils », les « bons premiers gestes » à réaliser.

Nous suggérons un déploiement prioritaire de ces solutions dans les espaces France Service afin de mailler durablement le territoire national, mais notre proposition pourra être déployée dans les collectivités sur l’impulsion de leur maire ou président.

De l’identification de thérapeutes spécialisés, aux démarches administratives à mener, ces PIC seront aux côtés des familles et pourront être un point de contact référent pour elles au fil de leurs démarches de « l’après-harcèlement scolaire ».

8. Systématiser une sensibilisation au harcèlement scolaire dès qu’un cas de harcèlement est observé

Dans une situation de harcèlement scolaire, c’est parfois toute une classe qui est impliquée avec les harceleurs, la ou les victimes et les témoins passifs. Ainsi il paraît primordial de pouvoir sensibiliser au travers d’interventions spécifiques l’intégralité de la classe. L’objectif serait de ne pas stigmatiser les harceleurs tout en exposant chaque aspect d’une situation de harcèlement. Sur le long terme, cette mesure pourrait s’appliquer comme une intervention obligatoire proposée à chaque élève en classe de sixième, par exemple. Les heures de vie de classe de collège et de lycée peuvent être utilisées à cet escient.

Cette proposition, qui pourrait s’appuyer sur la méthode Pikas, dite de la « préoccupation partagée », permettrait ainsi d’être dans le traitement, la réactivité immédiate face au phénomène et ainsi de stopper au plus vite toute situation potentiellement dangereuse de harcèlement scolaire.

9. Insister sur la promotion des ressources à disposition des élèves en situation de harcèlement

Beaucoup d’outils existent, mais ils sont peu connus donc peu utilisés par les premiers concernés.

C’est le cas, par exemple, des numéros 30 20 et 30 18 ou de l’existence des associations spécialisées sur le territoire.

Également, il peut parfois être difficile pour l’élève de s’adresser à ses professeurs (pour diverses raisons) donc il est important qu’il puisse savoir que d’autres personnes “neutres” peuvent être à son écoute, d’autant plus des professionnels de ces questions.

Cette proposition peut ainsi passer par une transmission de l’information directe de la part du professeur ou par la mise en évidence d’affiches mettant en avant ce genre de numéro ou des associations spécialisées.

Plus généralement, nous sommes convaincus qu’une meilleure information à propos de ses outils permettra qu’ils soient plus utilisés.

10. Fusionner le 30 20 / 30 18

Dans le même objectif que la proposition 4., nous proposons la fusion des numéros 30 20 et 30 18, respectivement dédiés au signalement des situations de harcèlement scolaire, pour l’un, et à la communication de conseils et bonnes pratiques ainsi que de signalements liés au cyberharcèlement.

Il y a ainsi, à la fois, un double effort de communication à effectuer afin que les deux numéros puissent être ancrés au sein des familles, mais c’est également une double charge humaine et foncière qui pourrait ainsi être mutualisée en vue d’un élargissement des horaires d’ouverture.

Mais c’est aussi, pour les familles, l’opportunité de n’avoir qu’un seul point d’entrée, bien identifié, et pour lequel les efforts de communication pourraient être centralisés.

Ces 10 propositions des Jeunes Démocrates sont l’aboutissement d’un travail de près de 4 semaines mené par un groupe de travail composé de Chloé Jorand, Julien Maudoux, William Onkur et Damien Renault et animé par Hugo Martinez en qualité de rapporteur de cette mission flash.

Les travaux se sont déroulés dans une démarche de co-construction et concertation.

Les propositions qui en ont abouti ont été soumises pendant 5 jours à un vote consultatif des militants avant d’être adoptées en Bureau National auprès de ses membres.

La volonté de mener ce travail réside dans notre souhait d’installer des sujets de société, ô combien importants, comme celui-ci dans les débats à venir des élections présidentielles 2022 et ainsi d’y apporter notre contribution.

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